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Le secteur CHR en France en 2025 : une année sous tension, entre fragilité et recomposition
Un niveau de défaillances toujours historiquement élevé
Selon les données publiées par Altares, le secteur CHR figure parmi les plus touchés par la vague de procédures collectives en 2025.
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Plus de 7 700 défaillances dans la restauration (+9 % sur un an)
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Environ 1 270 défaillances dans les débits de boissons (+6 %)
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Un volume de radiations d’établissements toujours proche de 100 par jour sur l’ensemble du secteur CHR
Même si le rythme de dégradation ralentit légèrement par rapport à 2024, le niveau reste très supérieur aux standards historiques, traduisant une fragilité durable du tissu économique.
Restauration : fréquentation en recul et marges sous pression
Une demande plus prudente
En 2025, les Français continuent de sortir, mais moins souvent et avec un budget plus contraint. La restauration est l’une des premières victimes de ces arbitrages :
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recul de la fréquentation en semaine,
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baisse des déjeuners professionnels (télétravail, réduction des notes de frais),
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arbitrage en faveur des repas à domicile ou à emporter.
Des charges difficilement compressibles
Dans le même temps, les restaurateurs font face à :
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des coûts de matières premières durablement élevés,
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une hausse du coût du travail,
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des loyers commerciaux rigides,
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une énergie stabilisée mais structurellement plus chère qu’avant 2022.
???? Résultat : des marges fortement sous tension, y compris pour des établissements affichant un chiffre d’affaires stable.
Débits de boissons : une fragilité persistante
Les bars et cafés continuent de souffrir en 2025 :
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baisse structurelle de la consommation d’alcool,
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concurrence accrue des usages domestiques,
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pression réglementaire et sociale croissante.
Les établissements dépendant quasi exclusivement du débit de boissons, sans offre complémentaire (snacking, restauration légère, événementiel), apparaissent particulièrement exposés.
Hôtellerie : un secteur à plusieurs vitesses
Le segment hôtelier présente un visage plus contrasté que la restauration.
Des points de résistance
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retour durable de la clientèle touristique internationale,
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bonne tenue des hôtels situés dans les grandes métropoles et zones touristiques,
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résilience du moyen et haut de gamme sur certains marchés.
Des fragilités persistantes
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hôtels indépendants en zones secondaires,
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dépendance à une clientèle d’affaires en recul,
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difficultés à absorber les investissements nécessaires (rénovation, normes, transition énergétique).
L’hôtellerie résiste globalement mieux que la restauration, mais reste extrêmement dépendante de la localisation et du positionnement.
Une recomposition accélérée du marché CHR
Au-delà des chiffres, 2025 marque une accélération des mutations du secteur :
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montée en puissance de la restauration rapide et des formats hybrides,
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développement du snacking, de la vente à emporter et des modèles flexibles,
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digitalisation accrue (réservation, gestion, livraison),
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rationalisation des cartes et recentrage sur la rentabilité.
Les établissements les plus résilients sont souvent ceux qui ont su adapter leur modèle économique, plutôt que chercher uniquement à augmenter les volumes.
un marché sous tension, mais riche en opportunités
Chez À FOND'S COMMERCES, nous observons que cette période génère un marché de la cession et de la reprise particulièrement actif dans le CHR :
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exploitants souhaitant céder avant une dégradation plus forte,
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repreneurs opportunistes à la recherche d’actifs bien situés,
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projets de repositionnement (concept, gamme de prix, horaires, offre).
La valeur ne disparaît pas : elle se déplace.
Les établissements bien localisés, correctement structurés et adaptables restent attractifs, même dans un contexte exigeant.
Perspectives 2026 : prudence et sélectivité
Les signaux de fin 2025 laissent entrevoir :
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une stabilisation progressive des défaillances,
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mais un environnement économique toujours contraint.
La réussite en 2026 reposera sur :
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une gestion financière rigoureuse,
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une lecture fine du marché local,
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et une anticipation stratégique, notamment dans les projets de transmission.